Mutation professionnelle : les trois options pour votre hypothèque
Lorsqu'un employeur annonce une mutation professionnelle, les propriétaires doivent rapidement évaluer leurs options hypothécaires. Le temps presse souvent, car les délais de relocalisation sont généralement de quelques semaines à quelques mois. Trois stratégies principales s'offrent à vous : vendre la propriété, la louer ou utiliser la portabilité hypothécaire pour transférer votre prêt vers une nouvelle propriété.
Option 1 : Vendre la propriété
La vente est souvent la solution la plus simple, surtout si votre mutation est permanente ou de longue durée. Si votre terme hypothécaire n'est pas échu, vous devrez payer une pénalité de remboursement anticipé. Pour un prêt à taux variable, cette pénalité équivaut généralement à trois mois d'intérêts. Pour un prêt à taux fixe, la pénalité correspond au montant le plus élevé entre trois mois d'intérêts et le différentiel de taux d'intérêt (DTI). Le DTI peut être considérable si les taux ont baissé depuis la signature de votre hypothèque. L'avantage fiscal est que le gain en capital sur la vente d'une résidence principale est exonéré d'impôt au Canada en vertu de l'article 40(2)(b) de la Loi de l'impôt sur le revenu.
Option 2 : La portabilité hypothécaire
La portabilité permet de transférer votre hypothèque existante vers votre nouvelle propriété, en conservant votre taux et vos conditions actuels. Cette option est particulièrement avantageuse si vous avez un taux d'intérêt inférieur aux taux actuels du marché. Les conditions de portabilité varient considérablement d'un prêteur à l'autre. La majorité des grandes banques canadiennes offrent cette option, mais les caisses Desjardins et certains prêteurs alternatifs ont des politiques différentes. Le délai pour compléter l'achat de la nouvelle propriété est généralement de 30 à 120 jours après la vente de l'ancienne. Vous devrez vous requalifier au taux de qualification actuel.
Option 3 : Louer la propriété
Si la mutation est temporaire ou si le marché n'est pas favorable à la vente, louer votre propriété peut être une option judicieuse. Vous devez cependant informer votre prêteur, car la plupart des hypothèques résidentielles exigent que le bien soit occupé par le propriétaire. Le prêteur peut accepter la situation, modifier vos conditions ou exiger une conversion en hypothèque locative. Les revenus de location doivent être déclarés comme revenus imposables. Vous pourrez déduire les dépenses liées à la propriété (intérêts hypothécaires, taxes foncières, assurance, entretien, amortissement du bâtiment) dans votre déclaration de revenus. Si la propriété cesse d'être votre résidence principale, un changement d'usage réputé se produit aux fins fiscales, ce qui peut avoir des implications sur l'exemption pour résidence principale.
Le prêt relais pour la transition
Si vous devez acheter dans votre nouvelle ville avant d'avoir vendu votre propriété actuelle, le prêt relais (bridge financing) offre une solution temporaire. Ce prêt à court terme, généralement de 30 à 180 jours, couvre l'écart entre les deux transactions. Les taux d'intérêt sur les prêts relais sont généralement supérieurs au taux hypothécaire standard, souvent le taux préférentiel majoré de 1 % à 2 %. Le prêteur exige habituellement une promesse d'achat ferme sur votre propriété actuelle avant d'accorder le prêt relais. Un courtier hypothécaire peut coordonner l'ensemble de cette transition et s'assurer que le financement est en place pour les deux propriétés.