Erreurs courantes des investisseurs débutants

Les 8 pièges les plus fréquents et comment les éviter

Décision d’investissement3 min de lecture11 février 2026
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L'investissement immobilier locatif au Québec attire de nombreux nouveaux investisseurs, mais les erreurs de débutant peuvent coûter très cher. Les huit pièges les plus fréquents incluent la surestimation des revenus locatifs, la sous-estimation des dépenses d'exploitation, l'absence de réserve pour imprévus, le choix d'un mauvais emplacement, la négligence de l'inspection pré-achat, le surendettement, la méconnaissance des obligations légales du propriétaire selon le Code civil du Québec et le manque de planification fiscale. Chacune de ces erreurs peut transformer un investissement potentiellement rentable en gouffre financier. Au Québec, les investisseurs doivent particulièrement tenir compte des règles du Tribunal administratif du logement (TAL) concernant les augmentations de loyer, des obligations de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) en matière de rénovation, et des exigences strictes de qualification hypothécaire imposées par le BSIF. Un courtier hypothécaire certifié par l'Autorité des marchés financiers (AMF) peut aider les investisseurs débutants à structurer leur financement de manière optimale et à éviter les pièges les plus coûteux liés à l'endettement excessif et aux mauvaises projections financières.

Les 8 erreurs courantes des investisseurs immobiliers débutants

L'investissement immobilier locatif représente l'un des moyens les plus éprouvés de bâtir un patrimoine au Québec. Cependant, les investisseurs débutants commettent régulièrement des erreurs qui peuvent compromettre la rentabilité de leur projet, voire mener à des pertes financières importantes. Voici les huit pièges les plus fréquents et les stratégies pour les éviter.

Piège 1 : Surestimer les revenus locatifs

Trop d'investisseurs calculent leur rendement en supposant un taux d'occupation de 100 % à longueur d'année. En réalité, il faut prévoir un taux de vacance de 3 à 5 % selon le secteur (consultez les données de la SCHL sur les taux de vacance par région). De plus, les augmentations de loyer au Québec sont encadrées par les recommandations du Tribunal administratif du logement (TAL), ce qui limite la croissance des revenus.

Piège 2 : Sous-estimer les dépenses d'exploitation

Les dépenses d'exploitation d'un immeuble locatif vont bien au-delà du paiement hypothécaire. Il faut comptabiliser les taxes municipales et scolaires, les assurances, l'entretien régulier, les réparations imprévues, les frais de gestion (si applicable), le chauffage (si inclus dans le loyer), l'eau chaude et les services publics. Une règle empirique courante suggère de prévoir entre 35 % et 50 % des revenus bruts pour les dépenses d'exploitation, selon l'âge et le type d'immeuble.

Piège 3 : Négliger la réserve pour imprévus

Un toit qui coule, une fournaise qui lâche en plein hiver ou un dégât d'eau majeur peuvent survenir à tout moment. Sans réserve financière, l'investisseur risque de devoir emprunter à des taux élevés ou de vendre sous pression. La recommandation minimale est de maintenir une réserve équivalente à 3 à 6 mois de charges totales de l'immeuble.

Piège 4 : Choisir un mauvais emplacement

Un immeuble bon marché dans un secteur en déclin ne constitue pas nécessairement une aubaine. L'emplacement détermine le profil des locataires, le taux de vacance et le potentiel d'appréciation. Analysez les données démographiques, les projets de développement municipaux, l'accessibilité au transport en commun et la proximité des services essentiels avant d'investir.

Piège 5 : Négliger l'inspection pré-achat

Sauter l'inspection pré-achat pour économiser quelques centaines de dollars est l'une des erreurs les plus risquées. Un immeuble locatif comporte des systèmes complexes dont le remplacement peut coûter des dizaines de milliers de dollars (toiture plate, système de chauffage central, plomberie vétuste). Faites appel à un inspecteur qualifié et, si nécessaire, à des spécialistes pour la structure, la toiture et les systèmes mécaniques.

Piège 6 : Se surendetter

L'effet de levier est un outil puissant en immobilier, mais il amplifie aussi les pertes. Un investisseur qui maximise son endettement en combinant hypothèque, marge de crédit et prêt personnel s'expose à un risque majeur en cas de hausse des taux d'intérêt ou de vacance prolongée. Le BSIF, par sa ligne directrice B-20, impose un test de résistance aux taux d'intérêt pour tous les prêts hypothécaires non assurés, ce qui devrait être considéré comme un minimum de prudence, pas un maximum.

Piège 7 : Ignorer les obligations légales du propriétaire

Le Code civil du Québec imposé de nombreuses obligations aux propriétaires d'immeubles locatifs. L'article 1910 exige de maintenir le logement en bon état d'habitabilité. Les règles du TAL encadrent strictement les augmentations de loyer, les reprises de logement et les évictions. La méconnaissance de ces règles peut entraîner des recours coûteux devant le tribunal. Tout travail de rénovation majeur doit respecter les normes de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et être réalisé par des entrepreneurs détenant une licence valide.

Piège 8 : Négliger la planification fiscale

Les revenus locatifs sont imposables et doivent être déclarés aux paliers fédéral et provincial. Cependant, de nombreuses dépenses sont déductibles : intérêts hypothécaires, taxes, assurances, réparations, frais de gestion, déplacement et amortissement du bâtiment (déduction pour amortissement ou DPA). Une mauvaise planification fiscale peut entraîner une facture d'impôt inattendue ou, inversement, laisser de l'argent sur la table en ne réclamant pas toutes les déductions permises.

Questions fréquentes

Quelle est l'erreur la plus coûteuse pour un investisseur immobilier débutant?
La surestimation des revenus locatifs combinée à la sous-estimation des dépenses est l'erreur la plus coûteuse. Un investisseur qui calcule ses revenus à 100 % d'occupation sans prévoir de vacance (habituellement 3 à 5 %) ni de provision pour mauvaises créances risque de se retrouver avec un flux de trésorerie négatif dès les premiers mois.
Comment éviter le surendettement lors d'un premier investissement locatif?
La règle prudente consiste à maintenir un ratio d'endettement total (ABD + ATD) conforme aux limites du BSIF, soit généralement 39 % et 44 % respectivement. Conservez une réserve de liquidités équivalente à 3 à 6 mois de paiements hypothécaires et de charges. Faites qualifier votre capacité d'emprunt par un courtier hypothécaire certifié AMF avant de magasiner.
Pourquoi l'inspection pré-achat est-elle si importante pour un immeuble locatif?
Un immeuble locatif comporte souvent des systèmes plus complexes qu'une maison unifamiliale (chauffage central, plomberie multiple, toiture plate, etc.). Une inspection détaillée permet d'identifier les réparations majeures à venir et de négocier le prix d'achat en conséquence ou de prévoir un budget de rénovation réaliste.
Quelles obligations légales les investisseurs débutants ignorent-ils le plus souvent au Québec?
Les obligations les plus méconnues incluent les règles d'augmentation de loyer du TAL, l'obligation de maintenir le logement en bon état d'habitabilité (CCQ, art. 1910), l'interdiction de reprendre un logement pour un locataire de plus de 70 ans dans certaines conditions, et les exigences de la RBQ pour tout travail de rénovation majeur dépassant un certain seuil.
Comment bien choisir l'emplacement d'un premier investissement locatif?
Analysez le taux de vacance du secteur, la proximité des transports en commun, des services et des institutions d'enseignement. Vérifiez les projets de développement municipaux (zonage, infrastructure). Comparez les loyers du marché dans le quartier ciblé via les données de la SCHL sur le marché locatif et consultez le rôle d'évaluation foncière de la municipalité.
Un investisseur débutant devrait-il commencer par un plex ou un condo locatif?
Un plex (duplex ou triplex) est généralement recommandé comme premier investissement au Québec. Si l'investisseur occupe un des logements, il bénéficie d'une mise de fonds réduite (5 % à 10 %) et peut apprendre à gérer des locataires avec un risque plus limité. Un condo locatif implique des frais de copropriété qui réduisent le flux de trésorerie et des restrictions potentielles sur la location.

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