Déclarer vos revenus locatifs au Canada et au Québec
Tout propriétaire qui tire des revenus de la location d'un bien immobilier au Canada doit les déclarer aux autorités fiscales. Au niveau fédéral, l'Agence du revenu du Canada (ARC) exige la production du formulaire T776 (État des loyers de biens immeubles), qui détaille les revenus bruts de location, les dépenses admissibles et le revenu net. Au Québec, Revenu Québec exige un formulaire équivalent, le TP-128 (Revenus et dépenses de location d'un bien immeuble). Le revenu locatif net est ajouté à votre revenu total et imposé selon votre taux marginal d'imposition, tant au fédéral qu'au provincial.
Dépenses déductibles des revenus locatifs
La Loi de l'impôt sur le revenu (L.R.C. 1985, ch. 1, 5e suppl.) permet de déduire les dépenses raisonnables engagées pour gagner un revenu de location. Ces dépenses réduisent votre revenu locatif brut et, par conséquent, l'impôt que vous devez payer.
- Intérêts hypothécaires — La portion des intérêts sur votre emprunt hypothécaire lié à l'immeuble locatif est déductible. Le capital remboursé ne l'est pas.
- Taxes foncières — Les taxes municipales et scolaires payées sur l'immeuble locatif sont entièrement déductibles.
- Assurances — Les primes d'assurance habitation et de responsabilité civile liées à l'immeuble sont déductibles.
- Réparations et entretien — Les frais pour maintenir l'immeuble en bon état (plomberie, peinture, déneigement) sont déductibles. Les améliorations majeures qui augmentent la valeur du bien doivent être capitalisées.
- Frais de gestion — Les honoraires versés à un gestionnaire immobilier ou les frais liés à la perception des loyers sont déductibles.
- Publicité — Les coûts pour annoncer vos logements à louer sont déductibles.
- Frais juridiques et comptables — Les honoraires professionnels liés à la gestion locative (rédaction de baux, litiges, préparation des déclarations) sont déductibles.
La déduction pour amortissement (DPA)
La déduction pour amortissement (DPA), aussi appelée amortissement fiscal, permet de déduire annuellement une portion du coût d'acquisition du bâtiment. Seul le coût du bâtiment est amortissable — le terrain n'est pas admissible. Pour les immeubles résidentiels locatifs de catégorie 1, le taux de DPA est de 4 % par année, calculé sur la fraction non amortie du coût en capital (FNACC) selon la méthode de la valeur résiduelle. L'année de l'acquisition, seule la moitié du taux normal est applicable (règle du demi-taux).
- Fraction non amortie du coût en capital (FNACC)
- La FNACC représente le solde du coût en capital d'un bien après déduction de toutes les DPA réclamées dans les années précédentes. C'est sur cette valeur résiduelle que le taux de DPA est appliqué chaque année.
Il est crucial de comprendre que la DPA ne peut pas être utilisée pour créer ou augmenter une perte locative. De plus, chaque dollar de DPA réclamé réduit le prix de base rajusté (PBR) du bien, ce qui augmente le gain en capital imposable lors de la revente. La récupération d'amortissement est imposée comme un revenu ordinaire, et non au taux réduit du gain en capital. La décision de réclamer ou non la DPA doit être prise en concertation avec un professionnel comptable.