Financer un immeuble à revenus : exigences de mise de fonds
L'acquisition d'un immeuble à revenus au Québec représente une stratégie d'investissement populaire, mais le financement comporte des exigences plus strictes que pour une résidence principale. La mise de fonds minimale varie considérablement selon le statut d'occupation du propriétaire et le nombre de logements. La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) et le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) établissent les règles de base que tous les prêteurs fédéraux doivent respecter.
- Propriétaire-occupant
- Un emprunteur qui habite l'un des logements de l'immeuble à revenus comme résidence principale. Ce statut donne accès à des conditions de financement plus avantageuses, incluant une mise de fonds réduite et l'accès à l'assurance prêt hypothécaire.
- Duplex (propriétaire-occupant) : mise de fonds minimale de 5 % (prêt assuré SCHL/Sagen/CG)
- Triplex ou quadruplex (propriétaire-occupant) : mise de fonds minimale de 10 % (prêt assuré)
- 1 à 4 logements (non-occupant) : mise de fonds minimale de 20 % (prêt conventionnel non assuré)
- 5 logements et plus : financement commercial, mise de fonds typique de 25 % et plus
Calcul des ratios d'admissibilité avec revenus locatifs
L'admissibilité au financement d'un immeuble à revenus repose sur les ratios d'amortissement brut de la dette (ABD) et d'amortissement total de la dette (ATD). Le ratio ABD ne doit généralement pas excéder 39 % et le ratio ATD ne doit pas dépasser 44 %, bien que certains prêteurs acceptent des ratios légèrement supérieurs pour les prêts assurés. Les revenus locatifs sont intégrés au calcul par l'ajout d'un pourcentage des loyers bruts aux revenus de l'emprunteur. Ce facteur de compensation varie selon le prêteur : certains utilisent 50 % des loyers bruts (approche conservatrice), tandis que d'autres reconnaissent jusqu'à 80 % pour des immeubles avec un historique locatif documenté et des baux stables.
Documentation requise au Québec
Le dossier de financement d'un immeuble à revenus est plus volumineux que celui d'une résidence principale. En plus des documents personnels habituels (confirmations d'emploi, talons de paie, avis de cotisation T1/TP1, relevés bancaires démontrant la mise de fonds), le prêteur exigera les baux en vigueur pour chaque logement, les relevés du Tribunal administratif du logement (TAL) le cas échéant, les états de revenus et dépenses de l'immeuble des deux dernières années, le compte de taxes municipales, le certificat de localisation à jour et, dans la plupart des cas, une évaluation agréée par un évaluateur membre de l'Ordre des évaluateurs agréés du Québec (OEAQ).
Stratégies pour maximiser l'admissibilité
Plusieurs stratégies peuvent améliorer vos chances d'approbation pour un immeuble à revenus. Privilégier le statut de propriétaire-occupant donne accès à une mise de fonds réduite et à un bassin de prêteurs plus large grâce à l'assurance prêt hypothécaire. Constituer une mise de fonds supérieure au minimum réduit le ratio prêt-valeur et rassure le prêteur. Maintenir un excellent dossier de crédit (cote de 680 ou plus) est essentiel, car les prêteurs sont plus exigeants pour les immeubles locatifs. Enfin, travailler avec un courtier hypothécaire spécialisé en immobilier locatif permet d'accéder à des prêteurs qui comprennent ce type de financement et offrent des conditions compétitives pour les investisseurs.