Patrimoine familial

inclusion de la résidence, partage obligatoire

Droits4 min de lecture11 février 2026
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Le patrimoine familial est un régime d'ordre public au Québec qui s'applique automatiquement à tous les couples mariés ou unis civilement, quel que soit leur régime matrimonial. Établi par le Code civil du Québec (art. 414-426), il inclut la résidence familiale, les meubles qui la garnissent, les véhicules automobiles et les droits accumulés dans les régimes de retraite pendant le mariage. La résidence familiale est la composante la plus significative en matière hypothécaire. Lors d'une séparation ou d'un divorce, la valeur nette du patrimoine familial (valeur des biens moins les dettes) est partagée à parts égales entre les époux, indépendamment de qui est propriétaire ou qui a contracté l'hypothèque. Le solde hypothécaire est déduit de la valeur de la résidence pour calculer la part de chacun. Les courtiers hypothécaires doivent comprendre ces règles pour bien conseiller leurs clients mariés, notamment lors de l'achat, du refinancement ou de la vente de la résidence familiale. Le consentement du conjoint est nécessaire pour hypothéquer la résidence familiale.

Le patrimoine familial : protection d'ordre public au Québec

Le patrimoine familial est un concept juridique fondamental du droit québécois de la famille qui touche directement les transactions hypothécaires. Instauré en 1989 par le législateur québécois, ce régime d'ordre public s'applique automatiquement et obligatoirement à tous les couples mariés ou unis civilement au Québec, indépendamment de leur régime matrimonial. Aucun contrat de mariage, aucune convention entre les époux ne peut exclure la résidence familiale du patrimoine familial. Cette caractéristique d'ordre public signifie que les parties ne peuvent pas y renoncer à l'avance, ce qui en fait l'une des protections les plus puissantes du droit familial québécois.

Composantes du patrimoine familial

  • La ou les résidences de la famille, qu'il s'agisse de la résidence principale ou d'une résidence secondaire servant de lieu de villégiature familial (chalet, maison de campagne)
  • Les meubles qui garnissent ou ornent les résidences familiales et qui servent à l'usage du ménage, incluant les électroménagers, le mobilier et les oeuvres d'art
  • Les véhicules automobiles utilisés pour les déplacements de la famille, qu'ils soient au nom de l'un ou l'autre des époux
  • Les droits accumulés dans les régimes de retraite pendant le mariage : REER, RPA (régime de pension agréé), droits accumulés au RRQ (Régime de rentes du Québec) et tout autre régime d'épargne-retraite

Impact direct sur les transactions hypothécaires

Le patrimoine familial a plusieurs implications directes et cruciales pour les courtiers hypothécaires. Premièrement, le consentement du conjoint est requis pour hypothéquer la résidence familiale en vertu de l'article 404 du Code civil du Québec, et ce, même si un seul époux est propriétaire de la résidence. Ce consentement doit être donné par acte notarié. Deuxièmement, lors d'un refinancement, le notaire instrumentant doit impérativement obtenir la signature du conjoint, même s'il n'est pas propriétaire ni co-emprunteur. Troisièmement, lors d'une séparation ou d'un divorce, le partage du patrimoine familial influence la capacité d'emprunt des deux parties et peut modifier l'équité disponible dans la résidence.

Calcul de la valeur partageable lors d'une séparation

Lors du partage du patrimoine familial à la suite d'une séparation, d'un divorce ou du décès d'un conjoint, la valeur nette de la résidence est calculée en soustrayant le solde hypothécaire de la valeur marchande de la propriété. Cette valeur nette est ensuite divisée à parts égales entre les époux, peu importe qui est propriétaire inscrit au Registre foncier. Par exemple, si la résidence vaut 600 000 dollars et que le solde hypothécaire est de 350 000 dollars, la valeur nette de 250 000 dollars est partagée à raison de 125 000 dollars pour chaque époux. Le courtier doit comprendre ce calcul pour bien conseiller ses clients en situation de séparation sur leurs options de financement.

Conjoints de fait et patrimoine familial

Il est crucial de noter que le patrimoine familial ne s'applique pas aux conjoints de fait au Québec, contrairement à la croyance populaire. Les conjoints de fait, peu importe la durée de leur cohabitation ou le nombre d'enfants communs, ne bénéficient pas automatiquement de la protection du patrimoine familial ni de l'obligation de consentement pour hypothéquer la résidence. Ils doivent établir une convention de vie commune rédigée par un notaire pour définir les droits de chacun sur la propriété et l'hypothèque. Le courtier hypothécaire devrait informer les conjoints de fait de cette réalité juridique et les encourager à consulter un notaire.

Considérations pratiques pour le courtier

  1. Vérification de l'état civil: Confirmez l'état civil du client (marié, uni civilement, conjoint de fait, célibataire, divorcé) dès la prise de renseignements initiale.
  2. Identification de la résidence familiale: Déterminez si le bien à hypothéquer constitue la résidence familiale au sens du Code civil. Une résidence secondaire utilisée par la famille peut aussi être visée.
  3. Obtention du consentement conjugal: Coordonnez avec le notaire pour obtenir le consentement du conjoint par acte notarié. Prévoyez ce consentement dans le calendrier de la transaction.
  4. Documentation au dossier: Documentez l'état civil, le statut de la résidence et le consentement obtenu dans le dossier client pour le prêteur et pour vos propres archives de conformité.

Le régime du patrimoine familial est l'une des caractéristiques les plus distinctives du droit familial québécois et a des implications profondes pour les transactions hypothécaires qui ne se retrouvent pas dans les provinces de common law du Canada. Les courtiers hypothécaires exerçant au Québec doivent développer une compréhension approfondie de l'interaction entre ce régime d'ordre public, les droits de propriété matrimoniaux, le droit hypothécaire et les exigences pratiques du financement hypothécaire résidentiel. Les courtiers qui abordent proactivement les questions de patrimoine familial dans leurs interactions avec les clients offrent un niveau de service professionnel significativement supérieur et réduisent les risques de complications transactionnelles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le patrimoine familial au Québec?
Le patrimoine familial est un ensemble de biens dont la valeur nette est partagée à parts égales entre les époux lors d'une séparation, d'un divorce ou du décès d'un conjoint. Il comprend la résidence familiale, les meubles, les véhicules et les droits de retraite acquis pendant le mariage. Ce régime s'applique d'office à tous les couples mariés ou unis civilement au Québec.
Le patrimoine familial affecte-t-il l'hypothèque?
Oui, directement. Le solde hypothécaire est déduit de la valeur de la résidence familiale pour calculer la valeur nette à partager. De plus, le consentement du conjoint est nécessaire pour hypothéquer ou vendre la résidence familiale, même si un seul époux est propriétaire. Cela affecte les démarches de refinancement et les conditions d'obtention du prêt.
Mon conjoint doit-il consentir à l'hypothèque?
Si le bien hypothéqué est la résidence familiale, oui. L'article 404 C.c.Q. exige le consentement du conjoint pour hypothéquer la résidence familiale, même si un seul époux en est propriétaire. Ce consentement doit être donné par acte notarié. Sans ce consentement, l'hypothèque peut être annulée.
Le patrimoine familial s'applique-t-il aux conjoints de fait?
Non. Au Québec, le patrimoine familial s'applique uniquement aux couples mariés ou unis civilement. Les conjoints de fait ne bénéficient pas automatiquement de cette protection. Ils doivent établir une convention de vie commune pour définir les droits de chacun sur la propriété et l'hypothèque.

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