Suis-je prêt à devenir investisseur immobilier?

Auto-évaluation financière et personnelle avant de franchir le pas

Décision d’investissement3 min de lecture11 février 2026
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Devenir investisseur immobilier au Québec ne s'improvise pas. Avant de franchir le pas, une auto-évaluation rigoureuse de votre situation financière et personnelle s'impose. Sur le plan financier, vous devez disposer d'une mise de fonds suffisante (généralement 20 % pour un immeuble locatif non occupé par le propriétaire selon les lignes directrices du BSIF), d'une réserve de liquidité pour couvrir les imprévus (vacance locative, réparations urgentes) et d'un ratio d'endettement qui respecte les seuils exigés par les prêteurs. Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) imposé un test de qualification au taux le plus élevé entre le taux contractuel majoré de 2 % ou le taux plancher de 5,25 %. Sur le plan personnel, l'investissement locatif exige du temps, de la patience et une tolérance au risque supérieure à celle requise pour une résidence principale. Au Québec, le Code civil du Québec (CCQ) encadre strictement les obligations du locateur, notamment en matière d'entretien, de réparations et de fixation des loyers par le Tribunal administratif du logement (TAL). L'Autorité des marchés financiers (AMF) réglemente par ailleurs les courtiers hypothécaires qui vous accompagnent dans le financement de votre projet. Une préparation adéquate est la clé du succès en investissement immobilier.

Évaluer votre préparation à l'investissement immobilier

L'investissement immobilier locatif est l'un des moyens les plus éprouvés de bâtir un patrimoine au Québec. Toutefois, se lancer sans préparation peut mener à des erreurs coûteuses. Avant d'acheter votre premier immeuble locatif, une auto-évaluation honnête de votre situation financière, de vos compétences et de votre tolérance au risque est indispensable. Cette démarche vous permet d'identifier les lacunes à combler et de maximiser vos chances de succès.

Les critères financiers essentiels

Le premier pilier de votre évaluation concerne votre capacité financière. Les institutions financières canadiennes, encadrées par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), appliquent des critères stricts pour le financement d'immeubles locatifs. La mise de fonds minimale est de 20 % du prix d'achat pour un immeuble non occupé par le propriétaire. Pour un immeuble de 1 à 4 logements où vous occuperez l'un des logements, la SCHL peut assurer le prêt avec une mise de fonds aussi basse que 5 %, mais des primes d'assurance s'ajoutent alors au montant du prêt.

  • Mise de fonds : 20 % minimum pour un immeuble locatif non occupé (exigence BSIF), ou 5 % à 10 % si vous occupez l'un des logements (avec assurance SCHL)
  • Ratio d'amortissement brut de la dette (ABD) : inférieur à 39 % de vos revenus bruts
  • Ratio d'amortissement total de la dette (ATD) : inférieur à 44 % de vos revenus bruts, incluant toutes vos dettes
  • Réserve de liquidité : idéalement 3 à 6 mois de versements hypothécaires et charges pour couvrir les imprévus
  • Test de qualification (stress test) : vous devez vous qualifier au taux contractuel majoré de 2 % ou au taux plancher de 5,25 %, selon le plus élevé

L'évaluation personnelle : au-delà des chiffres

La réussite en investissement immobilier ne repose pas uniquement sur les chiffres. Votre profil personnel joue un rôle déterminant. Être propriétaire locateur au Québec signifie assumer des responsabilités encadrées par le Code civil du Québec (CCQ) et le Tribunal administratif du logement (TAL). Vous devez être prêt à gérer des relations avec les locataires, à réagir rapidement aux urgences (plomberie, chauffage) et à consacrer du temps à l'administration de votre immeuble. Si vous manquez de disponibilité, le recours à un gestionnaire immobilier professionnel est une option, mais cela réduit votre rendement net.

Votre tolérance au risque

L'immobilier locatif comporte des risques spécifiques : vacance locative, locataires problématiques, réparations majeures imprévues, hausse des taux d'intérêt au renouvellement et fluctuations du marché immobilier. Contrairement aux placements boursiers, l'immobilier est un actif illiquide qui ne se vend pas du jour au lendemain. Posez-vous la question : êtes-vous à l'aise avec l'idée de devoir couvrir les versements hypothécaires de votre poche si l'immeuble est vacant pendant un ou deux mois? Votre réponse en dit long sur votre préparation réelle.

  1. Calculez votre valeur nette: Faites le bilan de vos actifs (épargne, REER, CELI, valeur nette de votre résidence) et de vos dettes (hypothèque, prêt auto, marges de crédit, cartes).
  2. Obtenez votre dossier de crédit: Consultez votre pointage auprès d'Equifax ou TransUnion. Un score de 680 ou plus est généralement nécessaire pour obtenir les meilleurs taux sur un prêt locatif.
  3. Consultez un courtier hypothécaire: Un courtier certifié par l'AMF au Québec peut évaluer votre capacité d'emprunt en tenant compte des revenus locatifs projetés et vous orienter vers le meilleur produit hypothécaire.
  4. Évaluez votre disponibilité: Déterminez combien d'heures par semaine vous pouvez consacrer à la gestion immobilière, ou si vous préférez déléguer à un gestionnaire professionnel.
  5. Constituez votre réserve d'urgence: Avant même de faire une offre d'achat, assurez-vous de disposer d'une réserve de liquidité suffisante pour couvrir au moins 3 mois de charges sans revenus locatifs.

Questions fréquentes

Quel revenu minimum faut-il pour investir en immobilier locatif au Québec?
Il n'existe pas de revenu minimum fixé, mais les prêteurs exigent que vos ratios d'endettement respectent les seuils du BSIF : ratio d'amortissement brut de la dette (ABD) inférieur à 39 % et ratio d'amortissement total de la dette (ATD) inférieur à 44 %. Les revenus locatifs projetés peuvent être inclus dans le calcul, généralement à hauteur de 50 % à 80 % selon le prêteur.
Puis-je investir si j'ai encore une hypothèque sur ma résidence principale?
Oui, c'est tout à fait possible et très courant. L'hypothèque existante sera incluse dans votre ratio d'endettement total. Vous pourrez même utiliser la valeur nette de votre résidence principale pour financer une partie de la mise de fonds, via une marge de crédit hypothécaire ou un refinancement.
Combien de temps dois-je consacrer à la gestion d'un immeuble locatif?
Pour un petit immeuble (duplex ou triplex), prévoyez entre 5 et 10 heures par mois pour la gestion courante : perception des loyers, entretien, communications avec les locataires. Vous pouvez aussi confier la gestion à un gestionnaire professionnel, mais cela coûte généralement entre 5 % et 10 % des revenus bruts.
Quelles sont mes obligations légales comme propriétaire locateur au Québec?
Le Code civil du Québec (CCQ) impose au locateur de fournir un logement en bon état d'habitabilité, d'effectuer les réparations nécessaires, de respecter la jouissance paisible du locataire et de suivre les règles du Tribunal administratif du logement (TAL) en matière de fixation et de hausse des loyers.
L'investissement immobilier convient-il à quelqu'un qui n'est pas bricoleur?
Absolument. Vous n'avez pas besoin d'être bricoleur pour investir en immobilier. Vous pouvez engager des professionnels pour l'entretien et les réparations, ou opter pour un immeuble récent qui nécessite moins d'interventions. L'important est de prévoir un budget d'entretien adéquat dans vos projections financières.

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