La déclaration de résidence familiale : protection du conjoint
La déclaration de résidence familiale est l'un des mécanismes de protection les plus importants du droit familial québécois. Prévue aux articles 395 à 413 du Code civil du Québec, elle vise à empêcher un époux de disposer de la résidence familiale sans le consentement de l'autre. Cette protection a des implications directes pour les transactions hypothécaires, le refinancement et la vente de la propriété.
Fonctionnement de la protection
La déclaration de résidence familiale est publiée au Registre foncier du Québec par un notaire. Une fois publiée, elle signale à tous les tiers (prêteurs, acheteurs potentiels) que le bien est une résidence familiale et que le consentement du conjoint est requis pour toute transaction. Même sans publication, le consentement du conjoint est exigé par la loi (art. 404 C.c.Q.), mais la publication offre une protection supplémentaire en rendant le droit visible.
Impact sur les transactions hypothécaires
- Le consentement du conjoint est requis pour constituer ou modifier une hypothèque sur la résidence familiale
- Le refinancement nécessite la signature du conjoint, même s'il n'est pas propriétaire
- La vente de la résidence familiale requiert le consentement des deux époux
- L'annulation de l'hypothèque est possible si le consentement n'a pas été obtenu
- Le prêteur peut refuser le financement si le consentement du conjoint ne peut être obtenu
Démarches pratiques
La publication d'une déclaration de résidence familiale est une démarche simple et peu coûteuse effectuée par un notaire. Les époux devraient idéalement la publier dès l'achat de la résidence ou dès le mariage. Le courtier hypothécaire peut recommander cette démarche à ses clients mariés. Lors de la vérification du dossier, le courtier doit confirmer l'état civil du client, vérifier le Registre foncier pour la présence d'une déclaration et organiser la signature du conjoint chez le notaire.