La Loi sur l'intérêt et le droit de remboursement
La Loi sur l'intérêt est une loi fédérale canadienne qui établit des règles fondamentales sur les taux d'intérêt et le remboursement des prêts. Son article 10 est particulièrement important pour les emprunteurs hypothécaires : il leur accorde le droit de rembourser un prêt hypothécaire résidentiel après cinq ans d'un terme fixé plus long, moyennant une pénalité plafonnée à trois mois d'intérêts.
Application pratique
Ce droit s'applique automatiquement aux prêts à taux fixé dont le terme initial est supérieur à cinq ans. Par exemple, un emprunteur qui contracte un prêt à taux fixé de 10 ans peut le rembourser intégralement après cinq ans en payant uniquement trois mois d'intérêts comme pénalité. Sans cette protection, le prêteur pourrait exiger le différentiel de taux d'intérêt (DTI) pour les cinq années restantes, ce qui pourrait représenter des dizaines de milliers de dollars.
Impact sur le choix du terme
Cette protection rend les termes longs (7, 10 ans) plus attrayants pour les emprunteurs qui cherchent la stabilité des paiements tout en conservant une flexibilité de sortie après cinq ans. Le courtier hypothécaire doit présenter cette option dans son analyse comparative et expliquer que la pénalité maximale de trois mois d'intérêts s'applique après la cinquième année, même si le taux offert pour un terme long est parfois légèrement supérieur à celui d'un terme de cinq ans.
- Différentiel de taux d'intérêt (DTI)
- Pénalité calculée en multipliant la différence entre le taux contractuel et le taux actuel du prêteur par le solde restant et le nombre de mois restant au terme. Cette pénalité ne s'applique plus après 5 ans d'un terme fixé supérieur à 5 ans en vertu de la Loi sur l'intérêt.
Nuances importantes
Ce droit s'applique aux prêts résidentiels à taux fixé dont le terme dépasse cinq ans. Il ne s'applique pas aux prêts à taux variable (où la pénalité est généralement de trois mois d'intérêts en tout temps), aux prêts commerciaux ni aux hypothèques mobilières. Le courtier doit aussi distinguer entre le terme du prêt et la période d'amortissement — c'est le terme (durée du contrat actuel) qui détermine l'application de cette règle.