Durée restante et calcul du DTI
Dans la formule du différentiel de taux d'intérêt (DTI), la durée restante au terme est un multiplicateur direct. La formule est : (Taux contractuel - Taux de comparaison) x Solde restant x Nombre de mois restants / 12. Chaque mois qui passe réduit ce multiplicateur d'une unité, diminuant proportionnellement la pénalité.
Un emprunteur qui brise son hypothèque au début de son terme de 5 ans fera face à un DTI calculé sur près de 60 mois. Le même emprunteur, avec le même écart de taux et le même solde, paierait une pénalité considérablement moindre en attendant qu'il ne reste que 18 à 24 mois. Cette stratégie temporelle est l'un des leviers les plus puissants pour réduire la pénalité.
La stratégie d'attente optimale
L'analyse de rentabilité doit mettre en balance la réduction de la pénalité avec le coût supplémentaire d'intérêts payés en attendant. Si votre taux actuel est de 5,50 % et que le taux disponible est de 3,50 %, chaque mois d'attente vous coûte environ l'écart de taux sur votre solde. Il y a un point de bascule optimal que votre courtier hypothécaire peut calculer.
Cas particuliers
- Certains prêteurs arrondissent la durée restante au prochain terme standard (1, 2, 3, 4 ou 5 ans), ce qui peut modifier le taux de comparaison utilisé.
- Quand le DTI descend sous le seuil des trois mois d'intérêts, la pénalité reste à trois mois : c'est le plancher.
- Pour un terme ouvert ou un taux variable, la durée restante n'a aucun impact sur la pénalité.
- Si vous approchez du dernier mois du terme, la plupart des prêteurs permettent le remboursement sans pénalité dans les 30 à 120 derniers jours.
En tant que courtier hypothécaire certifié AMF au Québec, il est essentiel d'intégrer la variable de durée restante dans toute analyse de refinancement. Le BSIF exige que les prêteurs fédéraux fournissent une estimation de la pénalité incluant cette composante, ce qui facilite la prise de décision éclairée.