Variables qui font basculer le calcul

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Pénalité4 min de lecture11 février 2026
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Le calcul break-even d'un bris d'hypothèque au Canada dépend de trois variables fondamentales qui interagissent de manière complexe : le solde hypothécaire, l'écart de taux entre le taux actuel et le nouveau taux, et le nombre de mois restants au terme. Le solde hypothécaire est la base sur laquelle la pénalité est calculée et sur laquelle l'économie d'intérêts s'applique. Plus le solde est élevé, plus la pénalité est importante, mais plus l'économie mensuelle en dollars est significative. L'écart de taux est le moteur de la rentabilité : un écart de 1,00 % sur un solde de 400 000 $ génère une économie d'environ 333 $ par mois, tandis qu'un écart de 0,25 % ne génère que 83 $ par mois. Le nombre de mois restants au terme affecte directement la pénalité DTI (plus de mois restants = pénalité plus élevée) et détermine la période disponible pour amortir les coûts. Le BSIF exige que les institutions financières fédérales expliquent clairement comment ces variables influencent la pénalité. Au Québec, le courtier hypothécaire certifié AMF doit présenter des scénarios comparatifs tenant compte de la sensibilité à chacune de ces variables pour aider l'emprunteur dans sa prise de décision en vertu de la LDPSF.

Les trois variables qui déterminent si briser votre hypothèque vaut la peine

Derrière chaque calcul de point mort se cachent trois variables fondamentales qui, ensemble, déterminent si le bris d'une hypothèque est une stratégie gagnante ou une erreur coûteuse. Comprendre l'interaction entre le solde hypothécaire, l'écart de taux et le nombre de mois restants au terme est essentiel pour tout emprunteur québécois qui envisage un refinancement. Chacune de ces variables joue un rôle différent et parfois contradictoire dans l'équation globale.

Variable 1 : le solde hypothécaire

Le solde hypothécaire est la variable de base sur laquelle tout repose. C'est la surface d'application de votre écart de taux — plus la surface est grande, plus l'économie potentielle est importante en dollars absolus. Sur un solde de 500 000 $, un écart de taux de 1 % génère une économie d'environ 416 $ par mois en intérêts purs. Sur un solde de 200 000 $, le même écart génère seulement 167 $ par mois. Paradoxalement, un solde élevé augmente aussi la pénalité, surtout avec la méthode du différentiel de taux d'intérêt (DTI/IRD). La pénalité DTI sur un solde de 500 000 $ peut facilement dépasser 15 000 $ si l'écart entre le taux contractuel et le taux de comparaison du prêteur est significatif et qu'il reste plusieurs années au terme.

Variable 2 : l'écart de taux

L'écart de taux entre votre taux actuel et le nouveau taux offert est le moteur principal de la rentabilité. C'est la variable la plus intuitive : plus l'écart est grand, plus vous économisez chaque mois. Mais il y a une subtilité souvent méconnue. L'écart de taux affecte aussi directement le montant de la pénalité DTI pour les hypothèques à taux fixe. Si les taux ont baissé de façon significative depuis votre signature, le taux de comparaison utilisé par le prêteur sera plus bas, augmentant le différentiel et donc la pénalité. C'est un cercle paradoxal : la même condition (baisse des taux) qui rend le refinancement attrayant est celle qui augmente la pénalité de sortie.

Variable 3 : le nombre de mois restants au terme

Le nombre de mois restants joue un double rôle dans le calcul. D'une part, plus il reste de mois au terme actuel, plus la pénalité DTI est élevée car le différentiel est appliqué sur une plus longue période. Certains prêteurs calculent la pénalité en multipliant le différentiel mensuel par le nombre de mois restants. D'autre part, un plus grand nombre de mois restants offre une plus longue fenêtre pour amortir les coûts de sortie. Le point optimal se situe généralement entre 24 et 42 mois restants — suffisamment de temps pour amortir les frais, mais pas trop pour que la pénalité DTI soit excessive.

L'interaction des trois variables : scénarios comparés

  • Scénario favorable : solde de 400 000 $, écart de taux de 1,25 %, 36 mois restants. Économie mensuelle d'environ 417 $, point mort atteint en 18-22 mois selon la pénalité. Résultat : nettement rentable.
  • Scénario neutre : solde de 300 000 $, écart de taux de 0,75 %, 24 mois restants. Économie mensuelle d'environ 188 $, point mort atteint en 20-26 mois. Résultat : marginal, dépend des frais exacts.
  • Scénario défavorable : solde de 200 000 $, écart de taux de 0,50 %, 18 mois restants. Économie mensuelle d'environ 83 $, point mort atteint en 30-40 mois. Résultat : non rentable dans le terme actuel.
  • Exception taux variable : solde de 350 000 $, écart de 0,75 %, pénalité de 3 mois seulement. Économie mensuelle de 219 $, coût de sortie d'environ 6 500 $. Point mort de 30 mois. Peut être rentable si le nouveau terme est de 5 ans.

Utiliser l'analyse de sensibilité pour prendre la bonne décision

L'analyse de sensibilité consiste à faire varier chaque variable individuellement pour voir comment elle affecte le point mort. Demandez à votre courtier hypothécaire certifié AMF au Québec de vous présenter au moins trois scénarios : le scénario de base avec les chiffres actuels, un scénario pessimiste où les coûts sont plus élevés que prévu, et un scénario optimiste où les économies sont plus importantes. Le BSIF exige que les institutions financières fédérales divulguent clairement leurs méthodes de calcul de pénalité, ce qui facilite la modélisation de ces scénarios. Si le bris est rentable même dans le scénario pessimiste, vous pouvez procéder en confiance. S'il n'est rentable que dans le scénario optimiste, la prudence est de mise.

Questions fréquentes

Quel est l'écart de taux minimum pour que le bris soit rentable?
Il n'existe pas de règle universelle, mais en général, un écart d'au moins 0,75 % à 1,00 % est nécessaire pour que le bris soit rentable après avoir absorbé tous les frais. Plus le solde est élevé et plus il reste de mois au terme du nouveau prêt, plus un petit écart peut être suffisant. Votre courtier AMF peut modéliser différents scénarios pour votre situation spécifique.
Comment le solde hypothécaire influence-t-il la décision?
Le solde à un double effet. D'un côté, un solde élevé augmente la pénalité (calculée sur le solde). De l'autre, un solde élevé amplifie l'économie mensuelle en dollars. Sur un solde de 500 000 $, un écart de 0,50 % représente 208 $ par mois d'économie, tandis que sur un solde de 200 000 $, le même écart ne représente que 83 $ par mois.
Combien de mois restants faut-il pour que le bris soit intéressant?
Plus il reste de mois au terme, plus la situation est complexe. D'une part, la pénalité DTI est plus élevée avec plus de mois restants. D'autre part, une plus longue période restante offre plus de temps pour amortir les coûts. En général, briser une hypothèque avec 24 mois ou plus restants offre un meilleur potentiel de rentabilité que briser avec 12 mois restants.
Le type de pénalité (3 mois vs DTI) change-t-il beaucoup le résultat?
Énormément. Une pénalité de 3 mois d'intérêts (typique des taux variables) est prévisible et relativement modeste. Une pénalité DTI (typique des taux fixes) peut être 3 à 10 fois supérieure selon l'écart entre le taux contractuel et le taux de comparaison du prêteur. Cette variable seule peut faire basculer un calcul break-even de 12 mois à 48 mois.
Les taux futurs affectent-ils mon calcul?
Oui, indirectement. Si vous brisez pour un nouveau taux fixe, votre économie est garantie pour le nouveau terme. Mais si les taux continuent de baisser après votre bris, vous auriez pu obtenir un meilleur taux en attendant. Inversement, si les taux remontent, vous aurez bien fait de bloquer. C'est pourquoi le calcul break-even doit être combiné avec une évaluation de la tendance des taux, que votre courtier peut vous aider à interpréter.

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