Structure corporative

acheter via une compagnie, avantages/inconvénients

Investisseur3 min de lecture11 février 2026
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Acheter un immeuble locatif par l'entremise d'une société par actions (compagnie incorporée) est une stratégie que de nombreux investisseurs immobiliers au Québec considèrent pour des raisons fiscales et de protection du patrimoine. Une société canadienne privée sous contrôle canadien (SPCC) bénéficie d'un taux d'imposition réduit sur les premiers 500 000 $ de revenus d'entreprise admissibles (taux combiné fédéral-Québec d'environ 12,2 % pour les petites entreprises). Cependant, les revenus locatifs sont généralement considérés comme un revenu de placement et non comme un revenu d'entreprise exploitée activement, ce qui les soumet à un taux d'imposition corporatif plus élevé (environ 50,17 % combiné au Québec, incluant l'impôt en main remboursable). Une partie de cet impôt est toutefois remboursable lors du versement de dividendes aux actionnaires par le biais du mécanisme du compte d'impôt en main remboursable au titre de dividendes (IMRTD). Du côté du financement hypothécaire, acheter via une compagnie présente des défis importants. Les prêteurs de type A exigent généralement une mise de fonds plus élevée (souvent 25 % à 35 %), les taux d'intérêt sont habituellement supérieurs et le processus de qualification est plus rigoureux. L'assurance prêt hypothécaire de la SCHL, de Sagen ou de Canada Guaranty n'est généralement pas disponible pour les sociétés. En revanche, la structure corporative offre une protection de responsabilité limitée, une planification successorale facilitée et la possibilité de fractionner les revenus entre actionnaires familiaux, sous réserve des règles sur l'impôt sur le revenu fractionné (IRF) applicables depuis 2018.

Pourquoi acheter un immeuble via une société par actions?

De nombreux investisseurs immobiliers au Québec se demandent s'il est préférable d'acheter leurs immeubles locatifs personnellement ou par l'entremise d'une société par actions (compagnie incorporée). Cette décision a des implications fiscales, financières, juridiques et successorales importantes. Il n'existe pas de réponse universelle — le choix optimal dépend de la taille du portefeuille, du niveau de revenus du propriétaire, de ses objectifs à long terme et de sa tolérance au risque.

Avantages de la structure corporative

  • Protection de responsabilité limitée — En cas de poursuite liée à l'immeuble (accident d'un locataire, vice caché), seuls les actifs de la société sont à risque, pas les biens personnels du propriétaire (sous réserve des garanties personnelles exigées par les prêteurs).
  • Report d'impôt — Les profits conservés dans la société ne sont imposés qu'au taux corporatif tant qu'ils ne sont pas distribués sous forme de dividendes ou de salaire.
  • Planification successorale — Le transfert d'actions d'une société est plus simple et moins coûteux que le transfert de titres de propriété immobilière. Le gel successoral permet de figer la valeur des actions du fondateur et de faire profiter les héritiers de la croissance future.
  • Fractionnement du revenu — Les dividendes peuvent être versés à des membres de la famille qui sont actionnaires, sous réserve des règles sur l'impôt sur le revenu fractionné (IRF) en vigueur depuis le 1er janvier 2018.
  • Déductions corporatives — Certaines dépenses, comme les frais de constitution, les honoraires professionnels et les frais de gestion, peuvent être déduites au niveau corporatif.

Inconvénients et limites

  • Taux d'imposition plus élevé — Les revenus locatifs dans une société sont généralement classés comme revenus de placement, imposés à environ 50,17 % au Québec (incluant l'impôt remboursable). Le taux de la petite entreprise (environ 12,2 %) ne s'applique qu'aux revenus d'entreprise exploitée activement, ce qui exige habituellement cinq employés à temps plein.
  • Financement plus difficile — Les grandes banques offrent des conditions moins avantageuses aux sociétés : mise de fonds de 25 % à 35 %, taux plus élevés, et absence d'assurance SCHL. Les actionnaires doivent souvent fournir des garanties personnelles, ce qui réduit l'avantage de la responsabilité limitée.
  • Coûts administratifs — Comptabilité corporative, production de la déclaration T2, rapport annuel au Registraire des entreprises du Québec, tenue des livres des procès-verbaux. Les frais comptables et juridiques peuvent atteindre 3 000 $ à 5 000 $ ou plus par année.
  • Pas d'exemption pour résidence principale — Un immeuble détenu par une société ne peut jamais bénéficier de l'exemption pour résidence principale, même si un actionnaire y réside.
  • Double imposition — Lorsque les profits sont distribués aux actionnaires, ils sont imposés une seconde fois (dividendes ou salaire). Le mécanisme d'intégration fiscale vise à équilibrer la charge, mais l'intégration n'est pas toujours parfaite.

Impact sur le financement hypothécaire

L'un des obstacles majeurs de la structure corporative est le financement. Les prêteurs de type A (grandes banques) traitent les prêts aux sociétés comme du financement commercial, avec des exigences nettement plus strictes. La mise de fonds minimale est généralement de 25 %, pouvant aller jusqu'à 35 % pour les immeubles multifamiliaux. Les taux d'intérêt sont supérieurs de 0,5 % à 1,5 % par rapport aux taux résidentiels. L'assurance prêt hypothécaire (SCHL, Sagen, Canada Guaranty) n'est habituellement pas disponible pour les sociétés, ce qui exclut les ratios prêt-valeur au-delà de 75 % à 80 %.

De plus, même avec une structure corporative, les prêteurs exigent presque toujours des garanties personnelles des actionnaires principaux. Cela signifie que la protection de responsabilité limitée offerte par la société est en partie neutralisée en ce qui concerne la dette hypothécaire. Le courtier hypothécaire joue un rôle crucial en aidant l'investisseur à comparer les options de financement personnel versus corporatif et en identifiant les prêteurs qui offrent les meilleures conditions pour les structures corporatives.

Questions fréquentes

Quels sont les avantages d'acheter un immeuble via une compagnie?
Les principaux avantages incluent la protection de responsabilité limitée (vos actifs personnels sont protégés en cas de poursuite), la planification successorale simplifiée (le transfert d'actions est plus simple que le transfert d'un immeuble), la possibilité de déduire davantage de dépenses corporatives, et le report d'impôt si les profits sont conservés dans la société plutôt que distribués.
Quels sont les inconvénients d'acheter un immeuble via une compagnie?
Les inconvénients majeurs sont le financement plus difficile et plus coûteux, le taux d'imposition plus élevé sur les revenus de placement, les coûts administratifs accrus (comptabilité corporative, déclarations T2, rapports annuels au Registraire des entreprises du Québec), et l'impossibilité de bénéficier de l'exemption pour résidence principale.
Le taux d'impôt des petites entreprises s'applique-t-il aux revenus locatifs?
Généralement non. Les revenus locatifs sont classés comme des revenus de placement dans une société, sauf si l'entreprise emploie cinq employés à temps plein ou plus dédiés à la gestion des immeubles. Sans cette condition, le taux d'imposition est celui des revenus de placement, soit environ 50,17 % au Québec (avec une portion remboursable).
Est-il plus difficile d'obtenir une hypothèque pour une compagnie?
Oui. La plupart des grandes banques exigent une mise de fonds de 25 % à 35 % pour les prêts commerciaux à des sociétés. L'assurance SCHL n'est généralement pas disponible. Les taux d'intérêt sont souvent de 0,5 % à 1,5 % plus élevés que pour un prêt résidentiel personnel. De plus, les prêteurs exigent habituellement des garanties personnelles des actionnaires.
À partir de combien d'immeubles devrait-on envisager une structure corporative?
Il n'y a pas de règle universelle. Généralement, les fiscalistes recommandent d'envisager une structure corporative lorsque le portefeuille atteint 3 à 5 immeubles ou que les revenus locatifs nets dépassent un seuil significatif. La décision dépend de votre situation fiscale globale, de vos objectifs de protection d'actifs et de votre plan successoral.

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