Hypothèque à la retraite

rembourser ou investir, stratégie de décaissement

Événement de vie4 min de lecture11 février 2026
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La question de savoir s'il faut rembourser son hypothèque avant la retraite ou conserver le prêt et investir la différence est un dilemme financier classique pour les Québécois approchant la fin de leur vie active. La réponse dépend de plusieurs facteurs : le taux hypothécaire en vigueur, le rendement espéré des placements, la tranche d'imposition marginale du retraité, les sources de revenus de retraite disponibles et le confort psychologique face à l'endettement. Au Canada, les intérêts hypothécaires sur une résidence principale ne sont pas déductibles d'impôt, contrairement aux États-Unis, ce qui rend le coût réel de l'hypothèque plus élevé qu'il n'y paraît. En revanche, le décaissement d'un REER ou d'un FERR pour rembourser l'hypothèque génère un revenu imposable qui peut faire augmenter le taux marginal d'imposition et potentiellement réduire le Supplément de revenu garanti (SRG) pour les retraités à faible revenu. Les sources de revenus de retraite au Québec incluent la Sécurité de la vieillesse (SV), le Régime de rentes du Québec (RRQ), le REER/FERR, le CELI, les régimes de retraite d'employeur et les revenus de placement non enregistrés. Chaque source a un traitement fiscal différent, et la stratégie de décaissement optimale varie selon la situation individuelle. Les prêteurs canadiens n'ont pas de limite d'âge pour accorder un prêt hypothécaire, mais le retraité doit tout de même se qualifier selon les ratios B-20 du BSIF en utilisant ses revenus de retraite. La planification idéale consiste à aligner la fin de l'amortissement hypothécaire avec l'âge prévu de la retraite, ou à s'assurer que les revenus de retraite sont suffisants pour maintenir les paiements tout en couvrant les dépenses courantes.

Hypothèque à la retraite : un dilemme financier courant

Arriver à la retraite avec une hypothèque est de plus en plus courant au Canada. Selon Statistique Canada, un nombre croissant de Canadiens de 65 ans et plus portent encore un solde hypothécaire. La question fondamentale est de savoir s'il est préférable de rembourser l'hypothèque avant la retraite ou de conserver le prêt et d'investir les liquidités disponibles. Il n'y a pas de réponse universelle : la stratégie optimale dépend de votre situation financière personnelle, de votre tolérance au risque et de vos objectifs de retraite.

L'argument en faveur du remboursement

Rembourser son hypothèque avant la retraite élimine une dépense fixe importante et procure une tranquillité d'esprit considérable. Au Canada, les intérêts hypothécaires sur une résidence principale ne sont pas déductibles d'impôt, contrairement aux États-Unis. Le coût réel de l'hypothèque est donc le taux d'intérêt payé, net d'aucun avantage fiscal. Si votre taux hypothécaire est de 5 % et que vos placements rapportent un rendement net d'impôt de 3 %, le remboursement est clairement avantageux. De plus, être propriétaire sans dette réduit vos besoins de revenus de retraite et diminue la pression sur vos décaissements.

L'argument en faveur de l'investissement

Si le rendement espéré de vos placements, après impôt, est supérieur au taux hypothécaire, il peut être mathématiquement avantageux de conserver l'hypothèque. Cela est particulièrement vrai si vos fonds sont dans un CELI, où les rendements sont entièrement libres d'impôt. Par exemple, si votre taux hypothécaire est de 4 % et que votre portefeuille CELI génère un rendement moyen de 7 %, le gain net est de 3 % par année. Toutefois, cette stratégie comporte un risque de marché : les rendements ne sont pas garantis et un marché baissier prolongé pourrait inverser l'équation.

Stratégie de décaissement et fiscalité

La stratégie de décaissement consiste à déterminer l'ordre et le rythme de retrait de vos différentes sources de revenus pour minimiser l'impôt total payé sur l'ensemble de votre retraite. Au Québec, les sources de revenus de retraite comprennent le Régime de rentes du Québec (RRQ), la Sécurité de la vieillesse (SV), les retraits de REER/FERR (imposables), les retraits de CELI (non imposables), les pensions d'employeur et les revenus de placements non enregistrés (dividendes, intérêts, gains en capital). L'objectif est de lisser le revenu imposable d'une année à l'autre pour éviter les sauts de palier fiscal.

Planifier l'amortissement en fonction de la retraite

  1. Évaluez votre solde hypothécaire actuel: Déterminez combien il reste à rembourser et combien d'années sont nécessaires pour atteindre l'amortissement complet au rythme de paiement actuel.
  2. Calculez vos revenus de retraite projetés: Additionnez toutes vos sources de revenus prévues : RRQ, SV, pensions d'employeur, retraits de REER/FERR, revenus de CELI et revenus de placements. Votre courtier hypothécaire et votre planificateur financier peuvent collaborer pour établir un portrait complet.
  3. Utilisez les privilèges de remboursement anticipé: La plupart des hypothèques canadiennes permettent des versements supplémentaires annuels de 10 % à 20 % du montant original du prêt. Maximisez ces versements pendant vos années de revenus les plus élevées pour accélérer le remboursement.
  4. Ajustez au renouvellement: Au renouvellement, envisagez de choisir un amortissement et un terme qui alignent la fin du prêt avec votre date de retraite. Il est courant d'opter pour des paiements accélérés aux deux semaines plutôt que mensuels pour réduire l'amortissement d'environ 3 à 4 ans sur un prêt de 25 ans.
  5. Consultez un planificateur financier: Un planificateur financier ou un fiscaliste peut modéliser l'impact fiscal des différentes stratégies de remboursement vs investissement. L'analyse doit tenir compte de votre tranche d'imposition, du rendement espéré de vos placements, de votre admissibilité au SRG et à la SV, et de votre espérance de vie.

Se qualifier pour un prêt à la retraite

Les prêteurs canadiens n'imposent aucune limite d'âge pour accorder un prêt hypothécaire. Le retraité doit néanmoins satisfaire aux critères de qualification de la ligne directrice B-20 du BSIF. Les revenus du RRQ, de la SV, des pensions d'employeur, des retraits de FERR et les revenus de placement récurrents sont tous pris en compte pour le calcul des ratios ABD et ATD. Certaines caisses populaires Desjardins et prêteurs alternatifs peuvent offrir une plus grande flexibilité pour les dossiers de retraités. Un courtier hypothécaire spécialisé peut vous aider à identifier les meilleures options disponibles pour votre profil.

Questions fréquentes

Y a-t-il un âge maximum pour avoir une hypothèque au Canada?
Non. Les prêteurs canadiens n'imposent pas de limite d'âge pour accorder un prêt hypothécaire. Toutefois, l'emprunteur doit se qualifier selon les ratios ABD et ATD de la ligne directrice B-20 du BSIF en utilisant ses revenus de retraite (RRQ, SV, FERR, pensions d'employeur, etc.). La capacité de remboursement, et non l'âge, est le critère déterminant.
Devrais-je retirer de mon REER pour rembourser mon hypothèque?
Cela dépend de votre situation fiscale. Un retrait REER est imposable et s'ajoute à vos revenus de l'année. Si le retrait vous fait passer dans une tranche d'imposition plus élevée ou réduit votre admissibilité au SRG, le coût fiscal peut être plus élevé que les intérêts hypothécaires économisés. Consultez un planificateur financier pour une analyse personnalisée.
Le CELI est-il une meilleure option pour rembourser l'hypothèque?
Le CELI a l'avantage de générer des retraits non imposables. Si vous avez des fonds dans un CELI et que votre taux hypothécaire est supérieur au rendement de vos placements dans le CELI, le remboursement peut être avantageux. Les retraits du CELI n'affectent pas le calcul du SRG ni de la SV, contrairement aux retraits REER/FERR.
Comment aligner l'amortissement hypothécaire avec la retraite?
Utilisez les privilèges de versements supplémentaires (habituellement de 10 % à 20 % du montant original par année) et les paiements accélérés pour réduire l'amortissement. Au renouvellement, vous pouvez choisir un terme et une fréquence de paiement qui alignent la fin du prêt avec votre date de retraite prévue. Votre courtier hypothécaire peut modéliser différents scénarios.
Le Régime de rentes du Québec compte-t-il comme revenu pour la qualification hypothécaire?
Oui. Les prestations du RRQ, de la SV, les pensions d'employeur et les retraits de FERR sont tous considérés comme des revenus par les prêteurs. Certains prêteurs acceptent aussi les revenus de placement récurrents (dividendes, intérêts). L'ensemble de ces sources est utilisé pour calculer les ratios de qualification ABD et ATD.

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