Invalidité et hypothèque : comprendre les risques
Selon les statistiques de l'industrie de l'assurance au Canada, environ une personne sur trois sera touchée par une invalidité de plus de 90 jours au cours de sa carrière. Pour un propriétaire québécois, cette réalité souligne l'importance cruciale de planifier sa protection financière en cas d'incapacité à travailler. L'invalidité peut être temporaire (fracture, chirurgie, dépression) ou permanente (maladie dégénérative, accident grave), et chaque situation nécessite une approche différente en matière de gestion hypothécaire.
L'assurance invalidité hypothécaire : première ligne de défense
L'assurance invalidité hypothécaire est spécifiquement conçue pour couvrir les versements hypothécaires mensuels lorsque l'emprunteur est dans l'incapacité de travailler en raison d'une maladie ou d'un accident. Il existe deux formes principales de cette protection. L'assurance collective du prêteur est offerte au moment de la signature de l'hypothèque et le bénéficiaire est l'institution financière. L'assurance individuelle est souscrite séparément auprès d'un assureur privé et offre généralement des conditions plus avantageuses pour l'assuré.
- Délai de carence
- Période d'attente entre le début de l'invalidité et le premier versement de prestations. Selon la police, ce délai varie de 14 à 90 jours. Un délai plus long réduit la prime, mais augmente le risque financier durant la période d'attente.
Programmes gouvernementaux en cas d'invalidité
Plusieurs programmes gouvernementaux peuvent compléter l'assurance privée en cas d'invalidité. Le Régime de rentes du Québec (RRQ), administré par Retraite Québec, offre une rente d'invalidité aux cotisants âgés de moins de 65 ans qui satisfont aux critères médicaux (invalidité grave et prolongée) et aux exigences de cotisation. En 2025, la rente d'invalidité maximale du RRQ est d'environ 1 600 $ par mois. Les prestations de maladie de l'assurance-emploi couvrent jusqu'à 26 semaines à 55 % du revenu assurable. La CNESST offre une indemnité de remplacement du revenu à 90 % du revenu net pour les accidents de travail ou maladies professionnelles.
Stratégies de protection hypothécaire en cas d'invalidité
- Souscrire une assurance invalidité individuelle couvrant au minimum le montant du versement hypothécaire mensuel
- Constituer un fonds d'urgence de trois à six mois de paiements hypothécaires pour couvrir le délai de carence
- Vérifier la couverture d'invalidité offerte par l'assurance collective de l'employeur et combler les lacunes avec une assurance individuelle
- S'assurer que le mandat de protection désigne un mandataire capable de gérer l'hypothèque en cas d'invalidité cognitive
- Mettre en place des paiements hypothécaires automatiques pour éviter tout retard en début d'invalidité
Le rôle du courtier hypothécaire
Le courtier hypothécaire a une responsabilité importante en matière de conseil sur la protection en cas d'invalidité. Lors de la mise en place d'un prêt hypothécaire, le courtier devrait systématiquement aborder le sujet de l'assurance invalidité et expliquer les différences entre la couverture du prêteur et l'assurance individuelle. Lorsqu'un client est déjà en situation d'invalidité, le courtier peut intervenir auprès du prêteur pour négocier des mesures d'accommodement, évaluer la possibilité d'un refinancement pour réduire les mensualités ou explorer d'autres solutions adaptées à la situation du client. Le courtier devrait aussi rappeler l'importance de consulter un conseiller en assurances pour obtenir une couverture complète et bien adaptée.