Conversion de taux variable à taux fixé : comprendre vos options
Lorsque les taux d'intérêt augmentent, de nombreux emprunteurs québécois détenteurs d'un prêt hypothécaire à taux variable ressentent l'inquiétude de voir leurs paiements grimper mois après mois. La conversion vers un taux fixé représente alors une bouée de stabilité, permettant de verrouiller un taux prévisible pour le reste du terme ou pour un nouveau terme complet. Toutefois, cette décision ne doit pas être prise sous le coup de la panique : le taux fixé offert en conversion n'est pas toujours compétitif, et il existe parfois de meilleures alternatives.
Comment fonctionne le privilège de conversion
Le privilège de conversion est une clause incluse dans la majorité des contrats hypothécaires à taux variable au Canada. Il permet à l'emprunteur de passer d'un taux variable à un taux fixé auprès du même prêteur, sans devoir payer de pénalité de remboursement anticipé. Le nouveau taux fixé est déterminé par le prêteur au moment de la demande de conversion, et non au moment de la signature initiale du prêt. La durée du nouveau terme fixé correspond généralement au temps restant sur le terme variable original, bien que certains prêteurs offrent la possibilité de choisir un nouveau terme standard.
- Privilège de conversion
- Clause contractuelle permettant à un emprunteur détenteur d'un prêt hypothécaire à taux variable de passer à un taux fixé auprès du même prêteur, sans pénalité de remboursement anticipé. Le taux fixé offert est établi par le prêteur au moment de la demande et correspond à son taux en vigueur pour le terme applicable.
Le piège du taux de conversion : pourquoi comparer est essentiel
Le principal inconvénient de la conversion interne est le taux offert. Les prêteurs proposent typiquement leur taux affiché ou un taux légèrement escompté, qui est souvent bien supérieur aux taux négociés disponibles sur le marché. Par exemple, si le taux affiché pour un terme de 5 ans est de 6,49 % mais que les taux négociés se situent autour de 4,89 %, l'emprunteur qui accepte la conversion interne paie un écart substantiel. Dans ce scénario, il peut être financièrement plus avantageux de briser le prêt variable, de payer la pénalité de trois mois d'intérêt (typiquement beaucoup moins élevée que le différentiel de taux sur un prêt fixé) et de refinancer auprès d'un prêteur offrant un meilleur taux.
Analyse comparative : conversion interne vs refinancement externe
- Obtenir le taux de conversion interne: Contactez votre prêteur pour connaître le taux fixé exact qui vous serait offert en conversion. Notez le terme proposé et les conditions associées.
- Calculer le coût du refinancement externe: Estimez la pénalité de trois mois d'intérêt sur votre solde actuel, ajoutez les frais de notaire (1 000 $ à 2 000 $ au Québec), les frais d'évaluation (300 $ à 500 $) et les frais de mainlevée si applicable (400 $ à 800 $).
- Comparer les économies mensuelles: Calculez la différence de paiement mensuel entre le taux de conversion interne et le taux le plus compétitif fixé disponible ailleurs. Multipliez cette économie par le nombre de mois du nouveau terme.
- Déterminer le point mort: Divisez le coût total du refinancement externe par l'économie mensuelle. Si le point mort se situe à moins de 18 à 24 mois et que le nouveau terme est de 5 ans, le refinancement externe est probablement l'option généralement privilégiée.