Taux affichés vs taux négociés : comprendre l'écart qui change tout
Si vous avez déjà consulté les taux hypothécaires sur le site web d'une grande banque canadienne, vous avez probablement remarqué que ces taux semblent élevés par rapport aux taux mentionnés dans les médias ou annoncés par les courtiers hypothécaires. Cette différence n'est pas un accident : elle reflète un mécanisme fondamental du marché hypothécaire canadien où le taux affiché et le taux réellement consenti aux emprunteurs sont deux choses très différentes.
Qu'est-ce que le taux affiché?
Le taux affiché (posted rate) est le taux d'intérêt officiel publié par une institution financière pour un produit hypothécaire donné. Il représente le taux de départ avant toute négociation ou réduction. Les grandes banques canadiennes publient leurs taux affichés quotidiennement et ils servent de référence pour plusieurs calculs importants, notamment le test de stress du BSIF, la qualification hypothécaire et la pénalité de différentiel de taux d'intérêt (DTI).
- Taux affiché (posted rate)
- Taux d'intérêt officiel publié par une institution financière pour un produit hypothécaire donné. Ce taux est supérieur au taux réellement consenti aux emprunteurs et sert de référence pour le test de stress du BSIF, la qualification hypothécaire et, chez certains prêteurs, le calcul de la pénalité de DTI.
L'écart typique et ses implications
L'écart entre le taux affiché et le taux négocié est considérable. Pour un terme de 5 ans fixé, il peut atteindre 1,50 % à 2,25 %. Sur un prêt de 400 000 $ amorti sur 25 ans, cet écart représente des dizaines de milliers de dollars d'intérêt évités sur la durée du terme. Le taux négocié est obtenu par le biais de la négociation directe avec le prêteur ou, plus efficacement, par l'entremise d'un courtier hypothécaire qui fait jouer la concurrence entre plusieurs prêteurs.
Le rôle du courtier hypothécaire dans la négociation des taux
- Accès multi-prêteurs : le courtier certifié AMF travaille avec des dizaines d'institutions financières, des grandes banques aux prêteurs monolignes, en passant par les caisses populaires et les prêteurs alternatifs.
- Volume d'affaires : le volume de prêts que le courtier génère lui confère un pouvoir de négociation que l'emprunteur individuel n'a pas. Les prêteurs offrent des taux préférentiels aux courtiers pour attirer ce volume.
- Mise en concurrence : le courtier peut soumettre votre dossier à plusieurs prêteurs simultanément et les mettre en concurrence pour obtenir la meilleure offre, ce qu'un emprunteur ne peut pas faire efficacement seul.
- Obligation légale : au Québec, le courtier a l'obligation en vertu de la LDPSF de servir les intérêts de son client et de lui présenter les options les plus avantageuses compte tenu de sa situation.
Impact du taux affiché sur la pénalité hypothécaire
Le taux affiché joue un rôle crucial dans le calcul de la pénalité de DTI chez certains prêteurs. Les grandes banques utilisent souvent le taux affiché comme référence dans leur formule de DTI. Puisque le taux affiché est nettement supérieur au taux consenti, l'écart entre le taux de comparaison et le taux contractuel utilisé dans la formule peut être réduit, ce qui affecte le montant de la pénalité. Les prêteurs monolignes, en revanche, utilisent généralement le taux consenti dans leur calcul, produisant des pénalités souvent plus prévisibles et moins élevées.