Qu'est-ce qu'une hypothèque

nature juridique, garantie réelle, lien entre créancier et débiteur

Droits3 min de lecture11 février 2026
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L'hypothèque est un droit réel accessoire accordé sur un bien immeuble pour garantir le remboursement d'une obligation, généralement un prêt. Au Québec, l'hypothèque est régie par le Code civil du Québec (CCQ), principalement aux articles 2660 à 2802. Contrairement à une croyance répandue, l'hypothèque n'est pas le prêt lui-même : c'est la sûreté qui garantit le prêt. Le créancier hypothécaire (le prêteur) détient un droit sur l'immeuble du débiteur (l'emprunteur) sans en devenir propriétaire. Ce droit confère au créancier deux protections essentielles : le droit de suite, qui lui permet de suivre le bien même s'il est vendu, et le droit de préférence, qui lui accorde priorité sur les créanciers ordinaires lors de la réalisation de la garantie. L'hypothèque doit être constatée par acte notarié au Québec et publiée au Registre foncier pour être opposable aux tiers. Le Bureau de la publicité des droits assure la transparence de ces inscriptions. Au Canada, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) encadre les pratiques des prêteurs fédéraux, tandis que l'Autorité des marchés financiers (AMF) supervise les courtiers hypothécaires au Québec en vertu de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). Comprendre cette distinction entre le prêt et la sûreté est fondamental pour tout emprunteur québécois qui souhaite prendre des décisions éclairées lors de l'achat ou du refinancement d'une propriété.

Qu'est-ce qu'une hypothèque? Comprendre la nature juridique de cette sûreté

Pour de nombreux Québécois, le mot « hypothèque » est synonyme de prêt immobilier. Pourtant, d'un point de vue juridique, l'hypothèque et le prêt hypothécaire sont deux réalités distinctes. L'hypothèque est un droit réel accessoire, c'est-à-dire une sûreté qui grève un bien immeuble pour garantir l'exécution d'une obligation. Le prêt, quant à lui, est l'obligation principale : la somme d'argent que l'emprunteur s'engage à rembourser selon les modalités convenues.

Le cadre juridique au Québec : le Code civil du Québec

Au Québec, l'hypothèque est régie par le Livre sixième du Code civil du Québec (CCQ), plus précisément aux articles 2660 à 2802. L'article 2660 CCQ définit l'hypothèque comme un droit réel sur un bien meuble ou immeuble, affecté à l'exécution d'une obligation. Ce droit confère au créancier le droit de suite et le droit de préférence. Le Québec se distingue des autres provinces canadiennes par son système de droit civil d'inspiration française, ce qui signifie que les règles hypothécaires québécoises diffèrent sensiblement du common law applicable ailleurs au Canada.

Les parties en cause : créancier et débiteur

Le rapport hypothécaire met en relation deux parties principales. Le créancier hypothécaire est le prêteur — généralement une banque, une caisse populaire Desjardins ou un prêteur privé — qui avance les fonds et obtient en garantie un droit réel sur l'immeuble. Le débiteur hypothécaire est l'emprunteur — le propriétaire de l'immeuble — qui consent à grever sa propriété pour garantir le remboursement du prêt. Il est essentiel de comprendre que le débiteur demeure propriétaire de l'immeuble pendant toute la durée de l'hypothèque. Le créancier ne détient qu'un droit sur le bien, et non la propriété elle-même.

Les droits fondamentaux du créancier hypothécaire

Droit de suite
Le droit de suite (art. 2660 CCQ) permet au créancier hypothécaire de suivre le bien immeuble entre les mains de tout acquéreur subséquent. Si l'emprunteur vend sa propriété sans rembourser l'hypothèque, le créancier conserve son droit sur le bien et peut exercer ses recours contre le nouveau propriétaire.
Droit de préférence
Le droit de préférence (art. 2660 CCQ) accorde au créancier hypothécaire une priorité de paiement sur les créanciers ordinaires (chirographaires) lors de la réalisation de la garantie. Cela signifie que le créancier hypothécaire sera payé avant les créanciers non garantis en cas de vente forcée de l'immeuble.

La garantie réelle : comment elle protège le prêteur

L'hypothèque constitue une garantie réelle, par opposition à une garantie personnelle (comme le cautionnement). Cela signifie que la garantie est attachée au bien lui-même, indépendamment de la personne qui le détient. Pour le prêteur, cette garantie représente une sécurité considérable : en cas de défaut de paiement, il dispose de recours hypothécaires spécifiques prévus aux articles 2748 à 2794 du CCQ, notamment le droit de vendre le bien sous contrôle de justice, de le prendre en paiement ou d'exercer une prise de possession à des fins d'administration.

Le rôle des organismes de réglementation

Plusieurs organismes encadrent l'activité hypothécaire au Québec et au Canada. Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) établit les lignes directrices prudentielles pour les institutions financières fédérales, incluant les ratios de qualification et les tests de résistance hypothécaires. L'Autorité des marchés financiers (AMF) supervise les courtiers hypothécaires au Québec en vertu de la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF), assurant la protection des consommateurs et la compétence des professionnels. La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) joue un rôle clé en matière d'assurance prêt hypothécaire pour les mises de fonds inférieures à 20 %.

Ce que tout emprunteur québécois devrait retenir

Comprendre que l'hypothèque est une sûreté et non le prêt lui-même est le premier pas vers une meilleure maîtrise de votre dossier hypothécaire. Cette connaissance vous permet de mieux évaluer les implications d'un refinancement, d'un renouvellement ou d'un transfert de prêteur. Lorsque vous signez un acte hypothécaire chez le notaire, vous consentez à accorder au prêteur un droit réel sur votre propriété — un engagement sérieux qui mérite d'être compris en profondeur. Un courtier hypothécaire certifié par l'AMF peut vous accompagner dans cette démarche et vous expliquer les subtilités de votre contrat hypothécaire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une hypothèque et un prêt hypothécaire?
L'hypothèque est la sûreté (garantie réelle) grevant l'immeuble, tandis que le prêt hypothécaire est l'obligation financière de rembourser la somme empruntée. L'hypothèque garantit le prêt. En d'autres termes, le prêt est la dette et l'hypothèque est le droit du prêteur sur votre propriété en cas de défaut de paiement. Cette distinction est établie par le Code civil du Québec aux articles 2660 et suivants.
Quels sont les droits du créancier hypothécaire au Québec?
Le créancier hypothécaire détient principalement deux droits : le droit de suite (art. 2660 CCQ), qui lui permet de suivre le bien entre les mains de tout acquéreur subséquent, et le droit de préférence (art. 2660 CCQ), qui lui accorde priorité de paiement sur les créanciers ordinaires en cas de vente forcée ou de réalisation de la garantie.
L'hypothèque transfère-t-elle la propriété de l'immeuble au prêteur?
Non. Au Québec, l'hypothèque confère au créancier un droit réel sur l'immeuble, mais le débiteur (l'emprunteur) demeure propriétaire du bien. Le créancier ne peut prendre possession de l'immeuble que s'il exerce ses recours hypothécaires en cas de défaut, selon les procédures prévues aux articles 2748 à 2794 du CCQ.
Comment l'hypothèque est-elle encadrée au Québec?
L'hypothèque est régie par le Code civil du Québec (articles 2660 à 2802). Les prêteurs fédéraux sont supervisés par le BSIF (Bureau du surintendant des institutions financières), et les courtiers hypothécaires au Québec sont encadrés par l'AMF en vertu de la LDPSF. L'acte hypothécaire doit être reçu par un notaire et publié au Registre foncier du Québec.
Pourquoi est-il important de comprendre la nature juridique de l'hypothèque?
Comprendre la nature juridique de l'hypothèque permet à l'emprunteur de mieux saisir ses droits et obligations, de négocier en connaissance de cause avec les prêteurs, et de prendre des décisions éclairées lors de l'achat, du renouvellement ou du refinancement. Cette compréhension aide aussi à évaluer les conséquences d'un défaut de paiement et les recours possibles du créancier.

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